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Notre histoire

Lundi 6 août

Il serait logique de commencer avec le commencement : le tremblement de terre. Mais finalement, ce que nous avons vécu ne pourrait exprimer qu’un millième de ce que d’autres ont vécu, et donc il serait plus approprié d’initier ce récit par là où tout à réellement commencé : le choc du lendemain.

Après une évacuation digne de la fin du monde, sur des bateaux où les gens se ruaient, qu’ils escaladaient même afin de fuir au plus vite ce cauchemar, où des blessés tentaient de s’allonger au milieu des ponts surchargés, nous avons réellement été confrontés aux dommages colossaux découlant du séisme. A Bangsal, une foule se presse entre des batiments dévastés, dont il ne reste souvent que des décombres. Des chevaux paniqués galopent le long des rues, où des locaux et touristes hagards défilent.

L’air est chargé de poussière, et le brouhaha habituel d’une ville qui s’éveille est remplacé par le hurlement des ambulances.

Comme la plupart des touristes, nous cherchons un moyen de transport jusqu’à Lembar. Finalement pris en stop par une voiture conduite par un homme en quête de médicaments et de vivre pour son village détruit, nous parvenons jusqu’à Mataram.

Poussés par un instinct humain mais quelque peu égoïste, nous pensons d’abord quitter l’île par le ferry en direction de Bali. Pourtant, cela ne nous semble pas être la réaction la plus juste : nous avons eu la chance de sortir indemnes de cette catastrophe, et de bénéficier de plus d’un pouvoir d’achat, qui, s’il nous a permis de voyager aisément, pourrait désormais nous permettre d’apporter une aide non négligeable à la population.

La décision est prise, nous prenons une chambre à Mataram, louons un scooter et nous retournons aux alentours de Bengsal.

Après avoir repéré un hopital de fortune sur le parvis d’un véritable hopital détruit, nous tentons de nous rendre utiles par tous moyens. De nombreuses personnes très amochées sont soignées ici, et leur calme et leur optimisme est incroyable. Une petite vieille dame, après avoir écopé d’énormes bandages à la main et à la cheville, repart tout sourire sur l’arrière d’un scooter. Une autre, dans un état effroyable, se fait recoudre sans broncher une seconde. Nous sommes stupéfaits, et heureux de voir une telle solidarité.

Nous rencontrons de nombreux bénévoles, nous indiquant des camps dans lesquels nous pourrons nous rendre utile le lendemain.


Mardi 7 août

Nous partons aujourd’hui à la recherche de vivres pour les réfugiés: Les bénévoles nous aident comme il peuvent à trouver le véhicule, et les vivres auprès de grossistes. Nous partons vers l’épicentre avec 300 kg de riz, 200 litres d’eau et du matériel sanitaire.

Après une journée intense, nous réfléchissons à la suite des évènements. Nous ne pourront malheureusement pas assumer à nous seuls une autre journée de ravitaillement. Nous recherchons alors des financements auprès de nos proches, puis, face à un bel enthousiasme, nous décidons à mettre en place une cagnotte. Grace aux dons, nous prévoyons une nouvelle journée de ravitaillement. Merci mille fois à ceux qui ont pu participer et qui nous ont permis de continuer à aider les réfugiés !